Tanà 101

Nouvelle localisation. Code postal : Tanà 101. Analamahitsy.

Ici, sur ce carnet de notes, le lieu est somme toute indifférent. Que j'écrive du nord ou du sud du monde n'a, au fond, pour vous, aucune espèce d'importance. Sinon, peut-être, pour ceux qui me suivent de voyage en errance.

Mais voilà… près de deux mois que je suis installé à Tanà, à Madagascar. Résident. Deux mois que mon appareil photo est au clou. Pas une photo, pas un article publié ici — je n'ai rien écrit de vraiment conséquent, juste deux trois posts sur quelques réseaux sociaux. Rien de plus dans la vie numérique. Les priorités sont ailleurs, plus immédiates, plus quotidiennes, plus ordinaires : eau, électricité, déplacements, démarches, approvisionnement…

Avoir une connexion Internet fiable, ici, n'a pas été une mince affaire. Les offres sont coûteuses et le service modulaire, comme ils disent, dans la langue commerciale, pour débit irrégulier. — Très irrégulier, en réalité, notamment sur les offres destinées aux particuliers. Rien n'est garanti. Sinon le prix et l'instabilité du service, i.e. cher et pénible (250 000 ariary env. / 1 € = 3700 ariary).

Au quotidien, les coupures électriques (plusieurs heures par jour) et les coupures d'eau (un peu moins fréquentes) se multiplient… Bref, de quoi redéfinir et réorganiser ses priorités. Une solution : penser sérieusement aux alternatives que l'on qualifierait, dans le nord du monde, d'écologiques, comme le solaire pour l'électricité (panneaux) et l'eau chaude (ballon), histoire d'être (plus) autonome des services locaux, histoire de pouvoir travailler la nuit tombée.

— Ici, le nuit tombe tôt. Vers entre 17 et 18 heures. On se couche et se lève tôt. Les coupures électriques du soir, d'une à trois heures, sont, pour le moment, comme une longue et lente parenthèse à la bougie et à la lampe solaire. La batterie de l'onduleur n'est pas assez puissante, la plupart du temps, pour pallier aux avaries. Deux solutions : un groupe électrogène ou une installation solaire. La deuxième me va mieux mais ce n'est pas la plus simple à mettre en œuvre. Ce marché explose ici avec sa cohorte de techniciens improvisés. Disons que… si tout se passe au mieux, notre maison sera solaire et plus ou moins autonome d'ici la fin de la semaine prochaine. À suivre.

En migrant au sud du monde, ici, à Madagascar, je savais l'approvisionnement en livres imprimés papier difficile. J'avais rencontré cette même difficulté quand je vivais à Mayotte où la liseuse numérique (ebook) m'était rapidement devenue essentielle. Le premier modèle acheté était le cybook de Bookeen. L'écran a pris un mauvais coup dans mon sac à dos, l'appareil HS a été remplacé par le même modèle, HS lui aussi, remplacé lui-même par un nouveau modèle, le Muse Essential, de nouveau HS en arrivant ici, suite à une désastreuse mise à jour (je vous fais grâce des échanges avec le service après vente du constructeur), remplacé lui aussi par un autre modèle, le Muse Frontlight, qui m'est m'arrivé par les services postaux rapidement (envoi d'un ami). — Si je suis absolument convaincu par cette technologie qui me rend aujourd'hui de fiers services, je le suis beaucoup moins par la robustesse de ces appareils. De 2008 à 2015, quatre appareils. Pas très bon marché.

Aujourd'hui, j'habite dans un pays qui semble maudit des dieux. Sinistre après sinistre (politique, climatique, humanitaire…), le pays est, aujourd'hui, dévasté de long en large. Comme nous l'a dit une amie à notre arrivée : Qu'est-ce que vous venez foutre en enfer ? — La réponse est difficile à formuler clairement et simplement. Je m'y essaierai prochainement.

4 commentaires

dimanche 18 octobre 2015 @ 17:10 Cascador a dit : #1

Salute,

Ravi de te revoir, 67 euros la connexion internet c'est pas donné en effet. Tu lis une fois la nuit tombé donc ? Pourquoi pas de photo, pas le temps ?

Tcho !

dimanche 18 octobre 2015 @ 17:19 Christophe a dit : #2

@Cascador : Salut ! Oui la connexion coûte une blinde ! pour un service parfois très aléatoire. Mais c'est ce que j'ai trouvé de mieux dans l'immédiat. C'est vrai qu'avec ma nouvelle liseuse, je peux lire aussi la nuit et c'est bien pour cette raison que j'ai acheté ce modèle... histoire de pouvoir au moins lire pendant les longues heures dans le noir de la nuit. Pour les photos, c'est effectivement un problème de temps, un problème d'organisation, un problème aussi de réorganisation de mon approche. Mon statut n'y est pas pour rien d'ailleurs. Je vais m'engager dans un projet d'écriture conséquent. Enfin... il est déjà en route ! Les quelques articles publiés ici étaient une amorce.

lundi 19 octobre 2015 @ 05:42 Cascador a dit : #3

J'ai pas osé te demander si tu t'ennuyais le soir. Ma collègue de bureau est malgache, du coup on en parle quelques fois. Elle m'avait expliqué pour les heures, ça doit pas être facile de s'habituer au fait qu'il fait nuit à 17-18h.

Tu vas écrire sur du papier ou sur ordinateur ? Vu les problèmes d’électricité j'ai tendance à penser papier mais il faut penser aux copies.

Personnellement dommage pour les photos, j'aurai apprécié voir où tu étais, où tu vivais. On se fait toujours des idées des endroits qu'on ne connait pas. Je demanderais à ma collègue si elle connait Analamahitsy.

Tcho !

lundi 19 octobre 2015 @ 06:09 Christophe a dit : #4

@Cascador : Pendant les coupures, le soir, on utilise des lampes solaires. Avant, c'était la bougie ! J'écris sur ordinateur... et puis, normalement, en fin de semaine, la maison sera solaire !

J'ai vécu pendant près de cinq dans Les Cormores, je suis habitué à la nuit noire à 18h et me coucher tôt.

Pour la photo, ça viendra... il faut surtout que je vienne à bout de cette foutue entorse qui m'handicape sévèrement depuis près d'un mois. La douleur a presque disparu mais la cheville reste très fragile.

@+

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